Solipsiste

 

* Page d'accueil     * A propos     * Archives     * Livre d'or     * Contacts



* Thèmes
     Un peu moins d'éphémère
     Une vérité a plusieurs facettes
     Banalités quotidiennes





La flemme

C'est la langue qui rejoint et qui éloigne. Le mot que tu veux utiliser n'existe pas dans la langue que tu parles, du coup tu fais un détour. Au bout du 15e détour ca commence à te prendre la tête et celle de ton interlocuteur vu qu'à cause d'eux, il ne comprend plus rien à ce que tu veux dire. C'est dur, parfois. De savoir que personne ne comprend, même pas moi. Je crois que je vais me mettre à rejoindre une secte, comme ca je pourrais ramasser des sous dans la rue en vendant le bouquin d'un illuminé. Ca, c'est de l'ambition. La flemme de se poser des questions qui nous emmerdent.

5.2.06 19:00


Ce qui ne va pas chez vous, c'est le planter du bâton, monsieur Duce

Après un marathon de "bronzés", non seulement on se sent aussi intelligent qu'une pomme de terre autiste, mais en plus la phrase "Vive la France" prend tout à coup une signification ironique, ridicule et désolante...

Ca m'a traumatisé.

29.1.06 02:37


Que demande le peuple?

Trois tirs sur un joint, du jazz, et une bonne journée qui séduit sa fin, seule dans sa chambre.





23.1.06 00:55


Le pathétique, c'est un art

Hier, un fier breton m'appelle pour sortir dans une boîte de rock indie
avec concert en prime le soir: pas de problème, lui réponds-je en lui
assurant que je viendrais. Je suis pas trop rock indépendant, plutôt
métalleux, mais bon c'est pour la culture générale, faut bien élargir
ses horizons. Du coup, je me sape, fut' en cuir, veste en cuir,
mitaines en cuir et je me lance pour le rencontrer chez lui.
Malheureusement pour moi, il habite au cul du monde et je dois
débourser en transports... Arrivé là-bas, comme il est venu me chercher
à la station le mignon, on fait un détour par la "house of booze"
(maison de l'alcool) et, ô  joie, ils ont de la Löwenbräu, une
bière munichoise. J'en achète deux litres malgré le litre de vodka
qu'il me dit avoir gardé pour l'occasion. Glou glou glou. Deux litres
et deux verres de vodka plus tard, lui, ses coloc' et moi nous mettions
en route, déjà sérieusement éméchés.



Sur le chemin, comme je marchais avec une dégaine de bourré, un renoi
me demande si je veux des psychotropes: je lui demande ce qu'il a. Il
sort un carnet d'adresses et me montre une carré rouge de 5mm de côté
en me murmurant "LSD?". "C'est pas possible..." me dis-je
intérieurement, résigné. Je lui lâche un "Oublie ca." dédaigneux en me
demandant s'il espérait sérieusement me faire croire que c'en était,
surtout qu'il me demande de prendre son numéro par la suite. Bon,
soyons poli, je lui prends son numéro malgré le fait qu'il ait voulu
outrageusement m'enculer dès notre première rencontre. Il part,
j'efface le numéro et je rejoins la file d'attente. File que je quitte
par trois fois, d'ailleurs, pour aller faire pipi, parce qu'il faut
bien qu'elle aille quelque part la bière.



Arrivé dans la boîte, je me rends compte que j'ai paumé mon tabac, et
mon regard pitoyable, déformé par l'alcool, cherche des visages amis
pour leur communiquer le message. Le problème, c'est que je me suis
appliqué à chercher mon tabac trop longtemps, et j'ai perdu de vue le
groupe dans la marée humaine. Génial. Bon, c'est pas grave, je décide
de partir à la découverte, et je me rends compte que la boîte est
immense: ca s'apparente en fait à un théâtre à l'italienne avec 4
balcons les uns au-dessus des autres, avec deux des balcons donnant sur
une salle à part qui vibre sur une musique différente de celle de la
scène principale. Côté musique d'ailleurs, mon esprit "culture
générale" a rencontré un fiasco total: je ne me souviens que de bruit
vu que j'étais trop bourré pour apprécier.



Le fait d'avoir abandonné l'idée d'acheter de la bière après avoir
consulté mes finances m'a transformé en rapace. Un rapace qui fond sur
les verres abandonnés, sur les verres d'un propriétaire leur tournant
le dos et sur les verres qui ne demandaient qu'à être pris. Bon, j'ai
eu de la chance encore une fois, je ne suis pas tombé sur un verre à
herpès, un verre à hépatite, un verre à mononucléose, un verre à "rape
drug", ou autres gentillesses.



Je descends finalement sur la scène, parce que j'ai payé 4 pounds
d'entrée tout de même et je retrouve mon breton dans la pagaille
générale. On se tient par les épaules et on commence un vague pogo.
Vague parce que les tarlouzes qui nous entouraient ne semblaient pas
trop se prêter au jeu. Bah, c'est pas grave, on peut se trémousser sans
pogoter me dis-je. Mais ca m'ennuie rapidement, vu que la musique que
je n'entends pas vraiment pour cause d'alcool devient un bruit
monocorde dans ma tête. De plus, je suis en manque de nicotine: je me
mets à la recherche d'un distributeur que je trouve après dix minutes
d'errance (c'est pas facile d'avancer avec tout ces gens et cette
architecture bizarre). Peste, 5 pounds et demi le paquet. Je vais au
bar pour me procurer de la mitraille, et cinq minutes plus tard mon
billet de 5 s'est transformé en cinq pièces. Je m'applique du mieux que
je peux à viser la fente prévue à cette effet, mais seulement pour me
rendre compte que ce distributeur ne marche pas. Joie. On me dit
d'aller demander au bar, ce que je fais après cinq minutes de queue
supplémentaire. Le barman me dit "Nan, j'en ai pas." et je me réjouis
d'avoir tourné en rond pendant une demi-heure pour strictement rien.



Bon, résigné, je me pose à divers endroits, vu que je suis crevé, et
après une heure d'état végétatif, je me dis que je ferais bien de
commencer à chercher la sortie pour pouvoir rencontrer les autres à
l'heure: il est deux heures et demie. Et j'ai bien fait, prudence est
mère de sûreté, vu que j'ai mis une demi-heure à la trouver cette
putain de sortie. Tout le monde m'indiquait le 3e balcon et je reviens
constamment dans une salle sans sortie: ce n'est pas faute d'avoir
essayé, je me suis même engouffré dans une sortie de secours jusqu'à ce
qu'un des mecs de la sécurité soit venu me chercher, plus par pitié que
par devoir. Finalement, j'ai réussi à sortir (avec en cadeau bonus un
automate à clopes sur le chemin), même si je ne me souviens plus
vraiment comment, et un hot-dog plus tard, le groupe, que j'avais perdu
de vue, sort à son tour. Quel timing.



Je passe l'épisode sur la LONGUE marche pour rentrer, le désespoir est déjà suffisamment grand. Mais je m'étais tout de même
bien amusé. Toutefois, je n'ose même pas imaginer ce que j'en aurais
pensé si j'avais bu trois litres de bière  et 3 sky-coca de moins.



Je comprends mieux les alcooliques après cet épisode. Mais en contemplant le néant résidant dans mon porte-feuille ce matin...



...je me rends qu'un tableau de pathétique, c'est cher.

21.1.06 16:02


Tout condamné à mort aura la tête tranchée

Vote de l'abolition en France: 30 septembre 1981, avec l'arrivée au
pouvoir de la gauche, Mitterrand et le nouveau ministre de la Justice,
Robert Badinter. La France est un des derniers pays en Europe à abolir
la peine de mort, et était jusque là vue comme archaique. L'Abolition de Robert Badinter, p 209:

"Pierre Bas déposa un amendement de suppression de la peine de mort en
rappellant que, depuis 1972, seule en Europe la France la pratiquait
encore."



Et pourtant, pourtant, malgré un vote victorieux pour l'abolition, il semble que la majorité des francais était contre celle-ci.

"Au début de l'année 1981, un hebdomadaire avait annoncé, en première
page et en gros caractères, comme s'il s'agissait d'une révélation "Les
Francais favorables à la peine de mort (63%)"."Jamais, écrivait
l'éditorialiste, aucun sondage n'a dégagé pareille majorité en faveur
de la peine de mort." (Le Journal du Dimanche, 4 Janvier 1981. 31% des
personnes interrogées se déclaraient contre la peine de mort, 6%, sans
opinion.)

(L'Abolition, p227)



Ultime sondage du Figaro, le 17 septembre 1981: 62% pour la peine de mort, 33% contre.



Plus d'un siècle plus tôt, Victor Hugo, en 1848, avait déjà formulé:
"L'abolition doit être pure, simple et définitive." A-t-il vraiment
fallu autant de temps?

20.1.06 01:02


Une 2e rasade de cas

Bon, je vous avais promis celle du bébé balancé contre un mur. Ben,
tout compte fait il n'y a pas grand chose à dire de plus. Le père du
gosse avait été exaspéré par ses cris et l'a envoyé contre la paroi. Il
ne voulait pas le tuer, se défendait-il, même s'il savait qu'il allait
lui faire du mal.

Ca semble un cas banal. Et pourtant, pourtant, c'est un cas majeur en
droit pénal anglais. Est-ce que le père (Woolin) est un meurtrier? La
décision rendue indique que non. Son intention n'était pas de tuer le
gosse, donc il est impossible d'établir une direct intention
nécessaire pour un meurtre. Ca semble absurde mais c'est comme ca. On
se demande alors comment faire dans le cas d'un vrai meurtrier disant
tout simplement que ce n'était pas son intention de tuer sa victime
pour échapper au crime du meurtre.



Remettons les choses en place avant de continuer plus avant dans la
jungle juridique anglaise (tout ce qui va suivre vient du droit
anglais, n'essayez pas de l'appliquer en France). Il y a deux
composantes au crime de meurtre: (a) l'acte de tuer quelqu'un, ce qu'on
appelle l'acte coupable, l'actus reus et (b) l'intention de tuer ou blesser grièvement, ce qu'on appelle mens rea, l'esprit coupable. Ici, Woolin a commis l'acte, mais n'avait pas de direct intention. Pourquoi j'insiste sur le direct? Parce qu'il y a une indirect intention
aussi. Avec cette "intention indirecte", il est tout de même possible
de trouver une intention là où l'accusé nie en avoir. Le test utilisé
est en fait assez simple: il faut que l'accusé ait été virtually certain,
quasi certain, que la conséquence de ses actes entraînerait une mort ou
de sérieuses blessures. Qu'est-ce que ca veut dire quasi certain? 75%
ca n'est pas assez, c'est juste assez probable. Quasi certain ca veut
dire que subjectivement, l'accusé doit avoir vu une chance de
pratiquement 100% sur la conséquence fatale de son action. Ici, Woolin
n'en était pas quasi certain. Il trouvait ca probable, mais pas quasi
certain. Du coup, pas d'"intention directe" ni d'"intention indirecte":
ce qui nous laisse avec la conclusion qu'il n'y avait pas d'intention
du tout.



Bon, faut pas rêver, il s'est quand même pris de l'homicide
involontaire. C'est mal de balancer les bébés contre les murs, et on se
prend quand même quelques années de taule. Et c'est pas parce qu'on
n'est pas un meurtrier qu'on n'a pas commis un homicide. C'est juste
qu'on préfère réserver, en droit anglais, le terme de meurtrier à un
acte aussi abject au point de vue moral qu'un assassinat. Attention
toutefois, le droit francais fait aussi une distinction entre meurtrier
et assassin, mais bon ca nous éloigne du sujet et ca devient lourd.



Finissons sur la roulette russe. C'était deux potes qui jouaient avec
un revolver. Leur maman ne leur avait probablement pas appris que les
armes à feu, c'est dangereux. Toujours est-il que le pote A avait mis
une seule et unique balle dans le barillet, et qu'il s'était arrangé
pour que la balle ne soit pas dans l'angle du chien et du canon, mais
éloignée d'un cran: son idée était de faire ainsi peur au pote B en lui
faisant croire qu'il allait lui tirer dessus alors que la balle n'était
pas dans le canon. En rigolant, il se tourne vers lui, le pote B
devient vert de trouille, le pote A appuie sur la gâchette en disant
"Poum!".



Et effectivement "Poum". Et un gros trou dans le crâne de B d'ailleurs.
Et un A mortifié, médusé, horrifié aussi. Pourquoi? Parce que dans un
revolver, quand on appuie sur la gâchette, il y a rotation (en anglais:
"to revolve") du barillet pour mettre la prochaine balle à la merci de
l'impact du chien qui propulsera la balle dans le canon. Et A ne le
savait pas. Et heureusement pour lui, des experts ont affirmé qu'un
homme sans connaissance particulière en armes à feu n'aurait pas su
cela. Pas d'intention directe, pas d'intention indirecte, pas de
meurtre. Homicide involontaire.



Des fois, on se demande ce qui passe par la tête des hommes.

20.1.06 00:34


Une blaguounette faite par mon prof de droit des contrats

C'est une soirée entre trois chirurgiens. Bien mangé, bien bu, bon café, gros pet, clope, et discussion sur le boulot.

"Moi j'aime bien opérer sur les mathématiciens. Tout est en ordre, bien
rangé, bref tout est à sa place, les organes sont là où on les attend,
dit le premier."

"Ah? Moi je préfère les électriciens, c'est peut-être un peu plus le
bordel, y'a des fils un peu partout mais y'a des codes de couleur et ca
rend le tout bien plus pratique et facile, continue le deuxième."

Le troisième lui se dit intérieurement "pauvres simplets" et enchaîne:

"Ah mais non, les meilleurs c'est définitivement les avocats:

Pas de coeur,

Pas de tripes,

Pas de couilles."









Bon ca vous fait pas rire. Moi si *grand sourire bêta*. Je vais rigoler
tout seul dans mon coin. Ou bien alors une toute courte pour me
rattraper?



Quelle est la différence entre un spermatozoide et un avocat?





Y'en a pas. Une chance sur dix million de devenir un être humain.



Bon, je sais, je m'enfonce, elle était bien plus nulle. C'est pas grave, je vais me coucher, je suis crevé.

19.1.06 02:20


 [page précédente]



L'auteur du blog est responsable de tous ses contenus. Ouvrez votre blog sur 20six.fr ou myblog.de